Ecole et web sémantique (2/4) : nouveaux besoins applicatifs.

Dans un article précédent, je soulignais l’intérêt de la publication des référentiels pédagogiques de l’Education Nationale dans les formats du web sémantique à la rentrée 2016.

Pour tirer parti de cette innovation, les institutions scolaires et universitaires devront-elles procéder à des adaptations en profondeur de leur système d’information pédagogique ? Pas nécessairement. Il est possible d’amener ces fonctionnalités aux utilisateurs sans chambouler les architectures ni les usages : en se basant sur les formats légers du web sémantique pour enrichir les pages, en intégrant de nouvelles fonctionnalités aux outils existants : CMS (content management system), LMS (learning management system) via leurs systèmes d’extensions (plugins).

Le sémantique en surface

Une première solution, aussi simple qu’efficace, serait d’enrichir sémantiquement les pages à la manière des sites de e-commerce. Imaginons que soit proposée, dans le back-office d’un outil de publication ou même d’un LMS, une popup d’édition de métadonnées.

indexation

Maquette de widget d’indexation sémantique pour le back-office d’un CMS

Quel résultat l’utilisateur qui se donnerait la peine d’utiliser ce widget obtiendrait-il ? Visuellement, un cartouche d’informations apparaîtrait dans la page.

cartouche

Maquette de cartouche d’indexation sémantique pour le front office d’un CMS

Rien de révolutionnaire de prime abord. Sauf que ce cartouche embarquerait des données sémantiques inline (RDFa ou microdata) permettant un plus haut niveau de compréhension de la page par les robots. Il suffit de se connecter à Google Shopping pour comprendre à quel point la puissance des outils de recherche se trouve accrue dès lors qu’ils peuvent collecter ainsi des métadonnées :

malaver

Les filtres offerts par la colonne latérale ne sont concevables que parce que les magasins enrichissent leur pages en données structurées – en l’occurrence, à l’aide des standards proposés par schema.org.

Mais, objectera-t-on sans doute, cet effort d’indexation n’aurait-il d’autres finalités que d’alimenter les Google, Yahoo et autres Bing ? Pas seulement, car n’importe quel outil consommateur de ressources  pourrait exploiter ces données sémantiques.

Par exemple, on pourrait imaginer un plugin destiné au LMS actuellement le plus populaire, Moodle. La typologie des « activités » et des « ressources » offrirait une nouvelle entrée, « navigateur de ressources » :

plugmood2

Un plugin « navigateur de ressources » pour le LMS Moodle

L’utilisateur qui opterait pour le navigateur de ressources se verrait offrir une interface de recherche structurée. De manière complémentaire, l’enseignant qui entreprendrait de créer une activité ou une ressource dans Moodle pourrait se voir proposer l’indexation sémantique.

Une approche plus structurelle

Cette approche d’intégration « en surface » n’est pas contradictoire avec une vision plus structurelle : déléguer la gestion de ressources pédagogiques à un composant applicatif dédié (LOR, Learning Object Repository), compatible avec les standards du web sémantique, composant qui, à l’heure actuelle, n’existe pas.

Les métadonnées saisies dans le back-office d’un CMS, via le widget évoqué ci-dessus, pourraient alimenter le LOR; les ressources partagées entre instances du LMS pourraient y être placées; un plugin Moodle de recherche de ressources pourrait s’y alimenter. Le LOR pourrait moissonner d’autres LOR, exposer des flux, offrir un point d’entrée aux recherches sémantiques (Sparql endpoint), alimenter un outil de découverte généraliste type Primo, Summon ou Ebsco, générer des affichages pour les sites, etc.

Il s’agit là d’une vision plus structurelle, impliquant des modifications d’architecture du système d’information (a priori, en architecture orientée service). La tendance actuelle (avec TinCan alias xApi) étant de confier le tracking des apprentissages à un composant spécifique (LRS, learning record system), un nouveau concept de SI pédagogique se dessine.

Approche cosmétique ou refonte structurelle : quelle que soit la démarche retenue, elle nécessitera des composants applicatifs qui ne sont actuellement pas disponibles. Quelles briques logicielles créer pour favoriser l’émergence de ces fonctionnalités ? Dans quelles technologies ? Ce sera l’objet du prochain article de cette série.

Publicités

Une réflexion sur “Ecole et web sémantique (2/4) : nouveaux besoins applicatifs.

  1. Marie Muller dit :

    Bonjour Joachim, au détour de mes recherches (heureuse sérendipité !), je découvre votre blog au lendemain de la publication des nouveaux formats de ScoLOMFR 😉

    Merci pour cette série d’articles « école et web sémantique » qui apporte une réflexion intéressante sur la question de l’implémentation de ces nouveaux standards ! la suite au prochain épisode, donc, car la problématique d’une exploitation réellement « fonctionnelle » de ces nouvelles potentialités fait encore l’objet de nombreux questionnements, et ce d’autant que les normes et/ou recommandations à l’oeuvre dans le domaine sont relativement évasives sur le sujet …

    je me permets de partager votre article !

    au plaisir de lire les suivants 🙂

    Bien à vous,

    M. Muller

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s